Barbara Seiler

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Copyright Diana Pfammatter

Copyright Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Barbara Seiler © Diana Pfammatter

Un sens inné du trait

C’est dans son atelier Seilerkreativ à Glis que nous rencontrons l’illustratrice Barbara Seiler, lieu qu’elle partage avec sa mère Lilian, active dans le domaine de l’artisanat d’art. Elle nous montre son royaume avec des gestes retenus, et des esquisses accrochées aux murs nous permettent d’entrapercevoir son regard sur les choses. Sur la table de travail sont empilés des livres, des brochures et des journaux portant ses illustrations. On s’attend presque à ce que la créatrice de ces personnages et de ces mondes soit emprunte d’un je ne sais quoi d’évanescent. Mais tel n’est pas le cas. Devant nous se tient une jeune femme au regard ferme et éveillé. Son visage suggère une profonde intériorité cachée. Elle parle d’une voix douce, agréable. Et si elle ne dessinait pas ses histoires, il suffirait de l’écouter parler. Des heures durant.

Elle s’empare d’un stylo et nous montre comment elle travaille. A peine a-t-elle déjà tracé quelques lignes qu’apparaissent déjà des scènes vivantes. Sa joie pour le dessin l’accompagne depuis l’enfance. Les feuilles blanches se remplissaient en un rien de temps. « En dessinant, quelque chose qui reposait au fond remonte à la surface. C’est un processus très personnel » nous dit la jeune artiste. C’est pourquoi, enfant, elle nous voulait pas que d’autres regardent ses dessins. « Si ma mère n’avait pas sauvé quelques exemplaires, il n’existerait plus aucun de mes dessins d’enfance » dit-elle en riant. Depuis, et fort heureusement, les choses ont changé. C’est devenu une passion que de mettre sur papier ce qu’elle pense, vit et rêve et de le partager avec le public.  

Barbara Seiler a appris son métier de la base dès son plus jeune âge. Une solide formation couplée à un incontestable talent font de ses travaux ce qu’ils sont : des chefs d’œuvres. Après son apprentissage comme polygraphe et l’obtention d’une maturité professionnelle artistique, elle décide de s’orienter vers le métier d’illustratrice. Et la seule école d’illustrateurs en Suisse se trouve à la Haute Ecole de Lucerne. Chaque année, entre 120 et 150 jeunes personnes se présentent pour ces études de Bachelor. 15 d’entre eux seront sélectionnés dans chacun des cursus, la fiction et la non-fiction. Les candidats retenus ont donc déjà du métier, Barbara Seiler est de ceux-là. « Les illustrateurs font souvent cavaliers seuls. Il me semble que tous les étudiants qui ont passé par cette formation ont tout d’abord dû s’habituer à ne plus dessiner seul dans leur coin » évoque-t-elle en se souvenant de ses premiers mois d’études à Lucerne. Elle achève sa formation d’illustratrice en 2015.

Une personnalité créative est aussi confrontée à de dures réalités. Les illustrateurs et illustratrices évoluent dans un monde très disputé, il est donc indiqué d’avoir plusieurs cordes à son arc. Ainsi, la native de Glis travaille à 50% comme polygraphe auprès d’un média. En parallèle, elle mène ses propres projets, et en 2017 paraît son premier livre d’images. « Mon grand-père est un ours » se distingue par une grande sensibilité au regard des enfants sur le monde. Barbara Seiler traduit en images les états d’âmes secrets et indicibles des plus petits. Il y a quelque chose de sérieux, à la fois festif et enfantin, qui transparaît derrière ces images espiègles qui font de ce livre une œuvre touchante et chaleureuse.

Barbara Seiler ne se limite pas aux illustrations pour enfants. Elle illustre également des thèmes politiques, des couvertures de romans, des articles de presse et bien plus encore. « Le sujet doit m’intéresser et je dois pouvoir y adhérer », nous explique-t-elle comme critères de choix. Âgée de 28 ans, elle a aussi créé de courts-métrages d’animation et des jeux vidéo. « J’aimerais bien concevoir un jour les multiples niveaux d’un jeu vidéo » évoque-t-elle comme futur projet. Par ailleurs, la talentueuse illustratrice a été choisie par la Poste pour réaliser un timbre sur le thème de l’aide suisse aux montagnards. Sa date d’émission est prévue pour le 1er mars 2018, une consécration pour Barbara Seiler.

L’artiste indépendante ne doute pas que les lignes dessinées à la main seront toujours demandées dans le futur. « Après toutes les représentations souvent trop parfaites réalisées via Photoshop et autres aides digitales, je constate qu’il y a à nouveau une demande pour le dessin manuel » dit-elle tout en esquissant sous nos yeux un être énigmatique.

Barbara Seiler

Parution: février 2018
Texte: Nathalie Benelli
Photos: © Diana Pfammatter

Retour