Un trésor, sous les talons

© Musées cantonaux du Valais

© Musées cantonaux du Valais

© Office du tourisme de Sion

© Office du tourisme de Sion

Sous nos pieds sommeillent des trésors insoupçonnés. Le Valais, au-delà de ses traditions et de son paysage magnifique, est aussi une terre privilégiée du patrimoine bâti et enfoui. Qu'il s'agisse de l'Abbaye qui regarde Saint-Maurice du haut de ses 1500 ans ou de la Nécropole tumulaire de Don Bosco, ce sont des richesses d'importance internationale qu'offre ce territoire. Et si le public ne connaît que trop peu ses vestiges historiques, l'Association valaisanne d'archéologie (AVA-WAG) se penche aujourd'hui sur la question de l'avenir du patrimoine historique du canton.

Elle organise, en partenariat avec l'Etat du Valais, la Fondation pour le développement durable des régions de montagne (FDDM), l'Association valaisanne des professionnels des sciences humaines (AVPSH-VGW) et l'Office fédéral de la culture, les Etats généraux 2015 du patrimoine historique enfoui et bâti du Valais, qui auront lieu le 1er septembre 2015 à la HES-SO Valais-Wallis de Sierre. Inscriptions ouvertes à tous les professionnels concernés jusqu'au 15 août.

Penser l'avenir des vestiges, le projet Mémoire 21 Valais-Wallis

Les Etat généraux organisés le 1er septembre à Sierre constituent la deuxième étape d'un projet ambitieux, Mémoire 21 Valais-Wallis, qui a vu le jour en 2014. Ils sont le résultat d'un important travail réalisé durant l'année écoulée par plus de 70 experts provenant de nombreux domaines : archéologues, historiens et médiateurs du patrimoine, bien sûr, mais aussi professionnels de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de la construction, de l'enseignement ou encore du tourisme, entre autres. Cinq groupes de travail se sont attelés à analyser la situation actuelle du patrimoine historique sous tous ces aspects : société,  gouvernance, sauvegarde, transmission et promotion. L'objectif étant de dresser un état des lieux et d'esquisser des propositions pour l'avenir. Le développement considérable des constructions, depuis l'après-guerre, précipite en effet la nécessité de s'interroger sur la manière de sauvegarder notre patrimoine enfoui - les traces que l'homme a laissé dans notre sol - et bâti. La modernité étant ce qu'elle est, l'augmentation des surfaces d'habitat et d'infrastructures a explosé depuis les années 80, particulièrement en Valais, puisque le canton se situe, de ce point de vue, au quatrième rang en Suisse. Il existe aujourd'hui des moyens pour étudier les sites archéologiques, mais énormément de vestiges disparaissent encore par méconnaissance. L'Association valaisanne d'archéologie a souhaité se faire le trait d'union pour réunir les compétences et les connaissances actuelles. Les résultats de cette analyse par les groupes de travail seront présentés le 1er septembre et ne demandent qu'à être enrichis par les apports des participants. Un rapport stratégique sera ensuite rédigé puis présenté aux autorités valaisannes et au public au printemps 2016. La remise du rapport se fera lors d'une deuxième session des Etats généraux du patrimoine enfoui et bâti, qui sera l'occasion de sensibiliser le public à la richesse de son patrimoine.

Des sites reconnus internationalement

Le patrimoine est essentiel à l'image d'une collectivité et à son développement durable. Le PER (Plan d'étude romand) souligne même l'importance de l'enseignement de l'histoire et de la géographie en démocratie. Le patrimoine archéologique du Valais est extraordinairement bien conservé, en grande partie grâce à la sédimentation alpine. Les sols étant rapidement enfouis, l'histoire y est conservée de manière exceptionnelle. La nécropole du Petit-Chasseur, à Sion, est par exemple internationalement reconnu pour la qualité de ses monuments funéraires et la précision des rituels que les archéologues ont pu restituer grâce aux traces remarquablement conservées dans le sol. La nécropole tumulaire de Don Bosco est également un site qui fascine les spécialistes aujourd'hui et peut-être, demain, les touristes du monde entier de par sa taille et sa qualité de conservation. La conservation de tels vestiges est coûteuse, aussi bien pour les fouilles, la restauration et l'étude que pour leur entretien ensuite. Il est également évident que ces coûts sont un investissement majeur, néanmoins garant d'un retour important au niveau culturel et touristique. La densification du territoire appelle les spécialistes du patrimoine à agir maintenant, en particulier pour le patrimoine enfoui. Néanmoins, les moyens semblent insuffisants pour faire face à l'explosion des actions à suivre ou à anticiper. Les experts souhaitent en conséquence proposer des stratégies adéquates et informer la société sur ces questions patrimoniales. Si une prise de conscience s'est en effet amorcée très tôt pour la protection de l'environnement, une démarche similaire se met en branle pour le patrimoine historique. Les Etats généraux sont avant tout un moyen de communiquer entre tous les acteurs, de sensibiliser notamment le public au potentiel de son patrimoine archéologique. D'expliquer, par exemple, qu'une grande partie du patrimoine historique valaisan se trouve, au-delà de ses aspects visibles et évidents, cachée sous le sol ou dissimulée dans notre paysage quotidien.

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Dépliant à télécharger
ETATS GÉNÉRAUX DU PATRIMOINE HISTORIQUE ENFOUI ET BÂTI:
Une journée entre professionnels pour construire l’avenir
www.memoire21.ch

En avril 2016, Sion sera le site archéologique du mois du magazine de culture et tourisme site-of-the-month.ch

Archéologie : les trésors cachés du Valais
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Images

Collier © B. Schäfer, Conserv’Art, Sion
Sous sol église St-Théodule © Office du Tourisme, Sion
 

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