Une envie de festivals ? Nous t'avons concocté une sélection valaisanne ! ...
Découvrez le portrait d’artiste de Marlène Mauris dont les deux premiers romans, « Escarpées » et « Falcata » sont parus aux Editions Favre en 2024 et 2025.
"Il se trouve que moi, je suis quelqu'un de très impatient dans tout et en particulier dans l'écriture. Et j'ai souvent écrit des nouvelles. Alors enfant, plutôt des petites bandes dessinées, ensuite des nouvelles parce que peu de temps aussi dans le quotidien. Donc j'ai énormément écrit de nouvelles en me disant à chaque fois que ce sont des points de départ pour autre chose. Mais il n'y a jamais rien qui avait vraiment suffisamment titillé mon imagination pour imaginer construire une histoire complète."
"J'ai eu la chance en 2015, de participer à un appel à projets. C'était pour le bicentenaire de l'entrée du Valais dans la Confédération. Et ça, ça a été le premier texte qui m'a vraiment donné envie de pousser un peu plus loin parce que j'ai pu rencontrer d'autres auteur·es et puis aussi poser des questions. C'est très important la relation aux paires, je dirais. Mais vraiment de découvrir comment d'autres écrivent.
Je dirais que j'avais écrit plus ou moins à la même période une nouvelle qui est devenue le premier chapitre d’« Escarpées ». Et ce premier chapitre, il est resté très très longtemps en travail. J'ai essayé plein d'amorces et quand j'ai réalisé qu'il fallait que je me donne du temps non pas pour écrire, mais pour comprendre mon processus créatif, c'est là que le déclenchement s'est fait."
"Je n’ai pas vraiment de routine d'écriture. J'admire énormément les gens qui arrivent à se donner une discipline, de se lever à une certaine heure, écrire pendant certains moments. Moi je griffonne énormément. J'ai malheureusement ou heureusement des tonnes de cahiers. Donc c'est le premier cahier qui tombe sous ma main qui va recevoir l'idée que j'ai eue. Et puis après, je ne retrouve pas mes notes, donc je farfouille. Le fait que l'idée soit passée par la main, pour moi c'est l'essentiel on va dire de mon processus, d'une fois que c'est passé par ma main, je sais que c'est ancré en moi et ça va être formulable et formulé."
"Ce qui m'inspire énormément, c'est écouter les conversations. L'époque de l'épicerie, c'était fabuleux parce qu'en fait, on est à la fois un spectateur de la vie quotidienne. On entend des gens interagir. Pour eux, c'est comme si le commerçant n'était pas là alors qu'il est là ou elle est là. Et ça c'était très stimulant pour saisir les dialogues. Et j'aime énormément écrire les dialogues, donc écouter les gens dans le bus aussi, j'aime beaucoup. Des fois il y a des petites expressions ou dans les bars, j'adore écouter les gens."
"C'est paradoxal parce qu’il faut que je connaisse la fin de l'histoire, donc il faut que je connaisse l'objectif pour commencer à écrire. Et ensuite, ça va très très vite. C'est une écriture qui va extrêmement vite. Le processus de correction ensuite est lent, mais l'écriture est très fluide, très linéaire. C'est quelque chose d'assez fou, mais d'une fois que je connais la phrase de fin, je peux écrire tout le milieu."
"Dans mes projets, il y a évidemment quelque chose qui me tient particulièrement à cœur et qui a été l'étincelle qui a permis d'écrire le premier roman. En tout cas d'aller au bout de la démarche. C'est que, quand j'avais mon épicerie, je m'attelais tous les jours à une seule routine qui était d'écrire un petit dialogue par jour de quelque chose que j'avais entendu. Ce que j'appelais « les contes d'épicière » et qui était vraiment, qui tenait en 3-4 phrases d'interactions. Et puis une petite punchline de fin. Et pour moi, le rêve, ce serait vraiment de publier ces « contes d'épicière ». Pour moi le but, ce serait vraiment de collaborer avec des artistes visuel·les pour réaliser un joli objet. Voilà, là, ce serait, l'objet plus que le roman, d'avoir ces jeux avec les mots."
Artiste Marlène Mauris
Interview Louison Bühlmann / Culture Valais
Réalisation Guillaume Carel & David Gross societe-ecran media
Montage David Gross societe-ecran media
Photos ©Culture Valais | David Gross / societe-ecran media
Spotify : https://open.spotify.com/show/7EKRmHl4wTzi6rFNxJ268i
Les arts de la scène, les arts visuels, le cinéma, la littérature ou la musique sont toute leur vie. Tous les deux mois, nous vous invitons à découvrir un ou une artiste ayant un lien avec le Valais, qu'il soit un jeune talent ou une personnalité reconnue.

Cosima Grand © Plateforme Culture Valais / Céline Ribordy

Ephraim Salzmann © Sebastian Magnani/Plateforme Culture Valais