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Malika Pellicioli

Une capitaine de navire

Malika Pellicioli, jeune réalisatrice originaire de Crans Montana, porte un bien joli prénom d’origine arabe qui signifie - et ce n’est sûrement pas un hasard - « douée » ou « reine ». Mais la jeune femme, confortablement installée au coin du café, ne se prend pas pour une princesse, loin de là. Elle pourrait pourtant se montrer fière, fière des prix qu’elle a déjà reçus (bourse à New-York, Prix d’encouragement de l’Etat du Valais, Award of Merit à San Diego), mais elle préfère garder la tête sur les épaules. Elle concède : « Ce ne sont pas les Oscars, mais de telles reconnaissances, je l’avoue, sont précieuses. Elles nourrissent la suite de ma carrière. Pourtant, au final, c’est le travail qui prime et moi, je dois encore faire mes preuves. Je ne suis pas encore sèche derrière les oreilles, comme dirait mon grand-père. » Et elle se met à rire.

La jeune réalisatrice rit et sourit constamment. Elle aborde d’ailleurs ses réalisations avec beaucoup d’humour car, selon l’un de ses professeurs à l’ECAL (et elle abonde dans ce sens), « l’humour est la forme de politesse du cinéma ». Alors très vite, en visionnant ses films comme « Le doigt d’honneur », nous aussi, on se met à rire. Malika Pellicioli aime s’inspirer des comédies anglaises de Guy Ritchie ou des comédies italiennes des années 60-70. Mais ce qui l’intéresse par-dessus tout en ce moment, ce sont les histoires de famille disloquées, source de sujets inépuisables à son avis. « Les bonnes histoires naissent lorsque que le réalisateur parle d’un sujet qu’il connaît », nous confie la jeune femme.

Malika Pellicioli grandit dans un univers principalement féminin. Sa mère, restauratrice à l’époque dans un établissement à Crans Montana, travaille sans relâche et invite en permanence du monde à la maison. Les gens viennent et repartent en un ballet incessant et constituent presque une seconde famille pour Malika. Elle prend des cours de théâtre avec Anne Salamin et Sylvia Fardel, expérience qui lui permet d’aiguiser son regard, observant sans relâche ses professeurs en plein jeu. Un jour, alors qu’elle n’est plus une enfant, se passe « la » rencontre, celle qui nourrira définitivement sa passion pour la mise en scène. Malika Pellicioli devient l’amie de Carole Roussopoulos - vidéaste, féministe affirmée et militante des opprimés – et se nourrit des propos, engagements et réalisations de la « grande dame du cinéma ». Carole Roussopoulos, en donnant la parole à ceux qui de l’ont pas, lui apprend « que c’est un grand bonheur et une grande rigolade de se battre ! », mais surtout, qu’on peut vivre de ses passions. La jeune fille s’inscrit donc à l’ECAL (Ecole cantonale d'art de Lausanne) où elle obtient un bachelor en communication visuelle, section cinéma.

Elle passe aujourd’hui derrière la caméra et se réjouit, après avoir produit des vidéos, courts-métrages, documentaires ou web-séries comme « Brouillon de culture » pour la RTS, d’écrire un premier long-métrage. Un tel projet l’angoisse un peu car il la propulse « chez les grands ». Alors pour ne pas perdre pied, elle ne s’arrête pas (ou si peu) et va de l’avant. « J’aime bien être le capitaine de navire, mais sans l’équipage, sans eux, je ne peux strictement rien faire. C’est ce qu’on appelle « la grande famille du cinéma ». Le tout consiste à s’entourer de personnes plus douées que toi. » Et elle se met à rire, comme à son accoutumée. Alors on comprend mieux pourquoi sa boîte de production qu’elle a créée avec Arthur Touchais s’appelle Tolmao qui signifie « ne pas redouter, ne pas craindre ». Ce leitmotiv lui va si bien.

Contact

malika@tolmao.ch
+41 76 388 55 88

www.tolmao.ch

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Soeur Marie Michelle, la bâtisseuse

Parution: juin 2016
Texte: Sophie Michaud
Photos: © David Zehnder

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